samedi 12 août 2017

En mode souvenir!

C’est l’histoire d’un grand souvenir. 
Après avoir trié des photos et j’en ai énormément !!! Je me suis rendu compte que je n’avais pas encore fait d’article sur...
... ce tissu qui est devenu « mon »tissus. 

Il est pour moi le symbole d’une étape dans mon apprentissage des métiers verticaux à pesons.
Il est le premier que j’ai mis en place en autonomie total. Le seul que j’ai réalisé sans l’œil bienveillant de « mon Maître ».






C’est aussi un tissu que j’ai eu beaucoup de plaisir à fabriquer et à transformer car il est devenu une belle tunique, très bien porté par une personne que j’apprécie beaucoup.



vendredi 4 août 2017

Métier à tisser vertical à pesons.

C’est une véritable histoire d’amour qui s’est installée entre moi et ces métiers à tisser. 
J’aime le fait qu’ils soient constitués de cette noble matière qu’est le bois. A cela, rien d’étonnant me direz-vous, beaucoup de métiers à tisser sont en bois. Mais ce que je trouve extraordinaire, c’est que les métiers sont composés de jeunes arbres laissés bruts souvent, juste écorcés. 
Et ce que j’aime par-dessus tout, c’est le fait que ces métiers à tisser étaient déjà utilisés à la préhistoire, qu'ils sont représentés sur certains vases grecs à figures noirs. On peut donc supposer, que c’est ce type de métier à tisser que Athéna et Arachné ont utilisé lors de leur défi.

Enfin il ne faut pas s’y tromper, derrière leur allure rustique, ces métiers à tisser sont des machines de haute précision.

Voici les photos d'un de mes derniers projets. Celui-ci a démarré suite à la demande d'un homme d’origine allemande, passionné d’histoire et très connu dans le milieu de la reconstitution historique.
Un honneur pour moi!


A sa demande j’ai réalisé une chlamys d'époque Alexandre Le Grand, en m'inspirant de cette fresque.


S'en est suivit un ourdissage démesuré: 
pour une chaîne de 120 cm de large sur 300 cm de long pour une pièce de 220 cm de long finie.


En marron, le galon de démarrage qui emprisonne les fils de chaîne.


Ici, on voit l’ourdissoir en bois qui permet de mesurer les fils de chaîne et tendre les fils du galon de démarrage.





Vient ensuite la mise en place de la chaîne sur le métier à tisser, l’accrochage des pesons en argile, la fabrication des lisses et la réalisation de la chaînette de séparation.


Puis démarrage du tissage!!!

Une toile en couleur naturelle. Tissage trame beige sur chaîne beige...






…puis trame brune sur chaîne beige.


Après plusieurs semaines de tissage, décrochage de la toile, et contrôle des dimensions finies.


Vient enfin les finitions. Je réalise un galon en laine brune comme celui réalisé pour le démarrage pour coller le plus possible à la fresque.


Enfin ! Après tous ces jours de travail et de passion,


le tissu était prêt à aller vivre sa vie, et c'est ce qu'il a fait.
Je n'ai malheureusement pas de photo de la toile portée, j'aurais tellement aimé vous la montrer. Enfin j'espère que cette dernière photo vous permet de voir que les tissus réalisés sur les métiers verticaux à pesons comme le faisait les artisans de l'antiquité n’ont rien à envier aux tissus réalisés aujourd’hui sur métier mécanique.

samedi 1 juillet 2017

Coques de Waide

Waide !

Un petit mot que beaucoup de monde n’a jamais entendu.
Hors mis les initiés en teinture, histoire des couleurs et les passionné de la Picardie.

Waide est le mot Picard qui désigne la guède ou encore l’Isatis tictoria.
Cette plante qui appartient à la famille des choux est « La Plante » qui a permis de teinter en bleu les fibres textiles pendant de très nombreuses années. Avant la découverte de l’indigotier.
Cette plante est déjà mentionnée dans les écrits grecs. Elle est connue pour ses propriétés tinctoriales bien sûr, mais aussi pour ses propriétés cicatrisantes.
Dominique Cardon dans son livre « Le monde des teintures naturelles » (ma bible depuis de nombreuses années) explique comment faire les coques de Waide ou Plastel si vous préférez.
Alors sur ses bons conseils, je me suis lancé dans l’aventure !

 Les feuilles de la plantes sont lavées, coupées et mis à macérer pendant quelques jours.

 Les feuilles de la plantes sont lavées, coupées et mis à macérer pendant quelques jours.
droit couleurs et matières
Les feuilles sont placées dans une étoffe afin que toute l'humidité s’évacue.
cela se fait lentement. Il faut régulièrement laver la coque en surface sans la détremper
parce que de petits insectes ont tendance à s'installer dessus pour se nourrir ou pondre, non mais quelle idée !?! Elle risque de pourrir! L'ensemble dégage une odeur de choux fermenté horrible, c’est ça qui les attire !
Mais je veux mes coques! 


droit couleurs et matières 
droit couleurs et matières 

Après plusieurs semaines de rinçage et séchage, j'ai divisé la boule en deux afin de faire des coques de la taille d'un poing.


droit couleurs et matières 

Et voilà le résultat final.
 Les coques sont sèches mais elles dégagent encore une légère odeur végétale pas désagréable.
 Le rêve serait d'en faire beaucoup pour essayer une cuve de waide par fermentation afin de faire du bleu comme les waidiers amienois du moyen-âge.
Ces waidiers formaient une corporation très puissante. Ils ont participé au financement de la cathédrale d'Amiens et bon nombreux d'entre eux ont été maire d'Amiens.


droit couleurs et matières


Cliquez sur le lien ci-dessous si vous voulez voir notre magnifique cathédral!
http://www.somme-tourisme.com/le-tresor-de-la-cathedrale-damiens/amiens/pcupic080v508w8x